Clinique d’hypertension
La Clinique d’hypertension de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa est en fonction depuis 15 ans, sous la direction du Dr Frans Leenen. La Clinique reçoit les patients qui lui sont recommandés par des médecins de famille et d’autres spécialistes. D’ordinaire, les rencontres avec les nouveaux patients ont lieu le matin, tandis que les visites de suivi se font en après-midi.
Hypertension artérielle
Si votre tension artérielle est supérieure à 140 mm Hg, il est important de l’abaisser. Parmi les Canadiens de 65 à 75 ans, un sur 10 est hospitalisé en raison d’un accident vasculaire cérébral, et le nombre augmente radicalement chez les personnes de plus de 75 ans. Or il existe un lien très net entre l’hypertension artérielle et l’accident vasculaire cérébral. En abaissant la tension artérielle à un niveau plus normal grâce à la modification de son mode de vie et à des médicaments, on diminue considérablement les risques d’accident vasculaire cérébral, de crise cardiaque et d’insuffisance cardiaque congestive, en particulier chez les patients diabétiques. La tension artérielle des patients qui souffrent de diabète et de maladie rénale devrait être abaissée sous les 130/85 mm Hg.
La première rencontre
La première rencontre dure environ 45 minutes et se passe en grande partie avec l’infirmière de la Clinique. Durant cette rencontre, l’infirmière prend note de votre taille et de votre poids afin de calculer votre indice de masse corporelle (IMC), et elle mesure votre tour de taille. Vous resterez ensuite cinq minutes sans parler, après quoi elle prendra votre tension artérielle. Elle prendra des mesures sur les deux bras afin de voir s’il y a des différences d’un bras à l’autre. Chez certaines personnes, les valeurs observées sont supérieures sur un des bras; si c’est votre cas, l’infirmière vous dira de toujours faire mesurer votre tension artérielle sur ce bras-là.
On mesurera la taille de votre bras afin de bien utiliser le brassard approprié pour prendre votre tension artérielle. Si le brassard est trop petit, les valeurs observées seront plus élevées que votre véritable tension artérielle. C’est très important, parce que de nombreuses personnes ont de gros bras. Plusieurs mesures sont prises en position assise et en position debout.
On consigne ensuite les antécédents médicaux. Les nouveaux patients sont priés d’apporter à leur rendez-vous tous les médicaments qu’ils prennent, dans leur contenant d’origine. Le médecin discutera alors d’un plan de traitement et vous invitera à revenir pour une visite de suivi. Lors des visites de suivi, on discutera de changements d’habitudes de vie; de plus, on vous prescrira de nouveaux médicaments ou on modifiera votre médication en fonction des mesures de votre tension artérielle.
Analyses et examens
Les analyses les plus souvent demandées sont les analyses sanguines, qui servent à mesurer vos électrolytes, votre glycémie, vos lipides et votre fonction rénale. On effectue aussi des analyses d’urine pour détecter la présence de sang, de sucre ou de protéines dans votre urine. Il se peut aussi qu’on vous demande de passer un ECG (électrocardiographie) ou un échocardiographie (échographie du cœur); on y cherchera des traces d’une précédente crise cardiaque ou de dommages au cœur provoqués par l’hypertension.
Il existe plusieurs méthodes pour évaluer la tension artérielle à des fins diagnostiques et curatives. La plus courante est la mesure de tension artérielle au bureau du médecin; cependant, ce n'est pas le meilleur indicateur de la véritable tension artérielle. Une surveillance ambulatoire de la tension artérielle sur une période de 24 heures et des mesures de tension artérielle prises à domicile reflètent avec plus de justesse la tension artérielle et le risque de maladie cardiovasculaire.
Surveillance de la tension artérielle sur une période de 24 heures
On procède à une surveillance de la tension artérielle sur une période de 24 heures chez nos patients et chez les patients qui sont dirigés vers l’Institut de cardiologie par leur médecin. Le coût de cette surveillance est de 100 $ (payable en argent ou par chèque). Le moniteur de tension artérielle est un excellent outil diagnostique qui aide les médecins à déterminer la tension artérielle des patients dans la vie de tous les jours. Le moniteur de tension artérielle est mis en place à l’Institut de cardiologie et doit être porté durant 24 heures.
Le moniteur mesure la tension artérielle automatiquement toutes les 20 minutes de 6 h à 22 h, et toutes les heures de 22 h à 6 h. On demande au patient de consigner dans un journal ses heures de travail, ses heures de repas, les noms des médicaments qu’il a pris, le type et la durée des activités pratiquées ainsi que les périodes où il se sent stressé. Il retourne ensuite le moniteur à la Clinique, où le médecin traitant en fait la lecture.
Quatre profils se distinguent :
- Syndrome de la blouse blanche. La tension artérielle est surtout élevée dans le bureau du médecin, en raison de l’anxiété liée à une visite clinique, et elle est plus basse ou peu élevée lors d’activités normales.
- Hypertension constante. La tension artérielle est uniformément supérieure à 135/85 mm Hg.
- Hypertension masquée. La tension artérielle est plus élevée si elle est mesurée à la maison ou au travail plutôt que dans le bureau du médecin.
- Sans baisse de TA nocturne. La tension artérielle ne diminue pas durant la nuit.
Surveillance de la tension artérielle à domicile
Avant de poser un diagnostic, le médecin peut demander au patient de mesurer sa tension artérielle à domicile. Le patient prend deux mesures par jour, une le matin, une le soir, durant sept jours. Une fois que le diagnostic est posé, on peut demander au patient de mesurer sa tension artérielle deux à trois fois par semaine. Les patients doivent essayer de prendre ces mesures dans le calme, en restant assis durant au moins cinq minutes et en maintenant leurs bras appuyés au niveau du cœur.
Les mesures consignées doivent être données au médecin lors de la visite suivante. Si les lectures sont très élevées, le médecin doit reprendre la tension artérielle du patient après une période de relaxation de cinq minutes. Si possible, le patient devrait également mesurer sa tension artérielle au travail. Au sujet des tensiomètres, nous conseillons d’utiliser un appareil Omron ou LifeSource. Il est recommandé aux patients d’acheter un modèle avec brassard et d’éviter les modèles de mesure au doigt et au poignet puisque ces derniers ont tendance à ne pas être précis. Il est important de noter que les patients doivent acheter un brassard de la taille appropriée, en particulier s’ils ont de gros bras.
Divers facteurs influent sur la tension artérielle : la douleur, le stress et l’anxiété; l’envie d’uriner ou d’aller à la selle; le tabagisme; le café; et certains médicaments en vente libre (notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS). Il est préférable de ne pas mesurer la tension artérielle dans ces conditions.

