Le jeûne intermittent aide à combattre l’obésité

Des chercheurs ont voulu comprendre pourquoi le jeûne intermittent pouvait avoir des effets bénéfiques pour le métabolisme

Heidelberg | New York, 17 octobre 2017

Cell Research JournalJeûner de façon intermittente pendant une période maximale de seize semaines, sans avoir à compter son apport calorique, aide à combattre l’obésité et les troubles métaboliques. Les bienfaits se manifestent d’ailleurs après six semaines de jeûne intermittent, selon une étude de Kyoung-Han Kim et de Yun Hye publiée dans Cell Research par Springer Nature. Le jeûne intermittent aurait, chez les souris, aidé à stimuler le métabolisme et à brûler des lipides en générant de la chaleur corporelle. L’équipe de recherche a été menée par Hoon-Ki Sung, de l’Hospital for Sick Children, en Ontario, au Canada.

Les recherches ont montré que les habitudes alimentaires malsaines et les modes de vie sédentaires jouaient un rôle majeur dans le développement de problèmes métaboliques comme le diabète, la maladie du coeur et l’obésité. C’est pour cette raison que des modifications alimentaires, comme le jeûne intermittent, gagnent en popularité pour combattre des problèmes comme l’obésité.

L’équipe de recherche tentait de mieux comprendre les réactions du corps à une modification alimentaire comme le jeune au niveau moléculaire. Ils ont donc imposé un jeûne intermittent à un groupe de souris pendant seize semaines. Le régime alimentaire consistait à nourrir les animaux pendant deux jours, suivi d’une journée de jeûne. Leur apport calorique n’était ajusté d’aucune façon. Quatre mois plus tard, les souris du groupe qui jeûnait de façon intermittente avaient un poids inférieur aux souris du groupe contrôle, qui continuaient à manger la même quantité de nourriture. D’autres effets bénéfiques que la perte de poids se sont manifestés chez les souris du groupe qui avaient jeûné. Le régime de jeûne intermittent a entraîné une réduction des accumulations de lipides dans les tissus adipeux blancs, mais une augmentation dans les tissus adipeux bruns (impliqués dans la combustion d’énergie et la production de chaleur corporelle) chez les souris qui suivaient un régime riche en matières grasses. Leur système insuline-glucose demeurait par ailleurs plus stable. Dans une autre expérience, des bienfaits semblables ont été observés dès la sixième semaine de jeûne intermittent.

Après avoir analysé les mécanismes biologiques en jeu, les chercheurs ont découvert que le jeûne intermittent amenuisait une réaction immunitaire dans les cellules adipeuses. Des changements s’opèrent dans certaines voies géniques qui jouent un rôle dans le système immunitaire et dans la réaction du corps à l’inflammation. Un type de globules blancs qui jouent un rôle anti-inflammatoires est alors activé. Ces macrophages anti-inflammatoires stimulent les cellules adipeuses pour brûler les graisses ou lipides emmagasinés en générant de la chaleur. Ce mécanisme se produit pendant les périodes de jeûne intermittent en raison de l’augmentation du facteur de croissance endothéliale vasculaire, qui contribue à la formation de vaisseaux sanguins et à l’activation des macrophages anti-inflammatoires.

« Le jeûne intermittent, sans même devoir réduire l’apport calorique, peut constituer une approche préventive et thérapeutique pour lutter contre l’obésité et les troubles métaboliques », affirme Kyoung-Han Kim.

« C’est étonnant de voir que ces changements dus au jeûne dans la croissance des cellules vasculaires dans le système immunitaire se produisent dès le premier cycle de 24 h de jeûne, et sont complètement renversés dès que les souris recommencent à se nourrir », ajoute Yun Hye Kim.

Référence

Kim, K-H. et al (2017). Intermittent fasting promotes adipose thermogenesis and metabolic homeostasis via VEGF-mediated alternative activation of macrophage, Cell Research DOI: doi:10.1038/cr.2017.126

Note : M. Kyoung-Han Kim est présentement affilié à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, au Canada.

Traduction libre par l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa

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