Important énoncé sur les crises cardiaques chez les femmes, et incidence comparée du sexe et du genre sur le risque de maladie du cœur

février 2016

Male and Female Sign Chaque année depuis plus de trente ans en Amérique du Nord, les maladies cardiovasculaires font plus de victimes chez les femmes que chez les hommes. Cet écart diminue, mais demeure marqué. Le 26 janvier dernier, l’American Heart Association (AHA) a publié son premier énoncé scientifique sur les crises cardiaques chez les femmes dans la revue Circulation.

L’AHA a présenté son énoncé comme un résumé complet de ce que le milieu de la santé cardiovasculaire sait des crises cardiaques chez les femmes : les causes, les symptômes, les traitements, les résultats. Peu importe leur âge, plus de femmes que d’hommes décèdent dans l’année qui suit leur première crise cardiaque (26 % de femmes contre 19 % d’hommes). Toutefois, les femmes sont en moyenne plus âgées au moment de leur première crise cardiaque (71,8 ans, contre 65 pour les hommes), ce qui explique en partie pourquoi elles affichent encore un taux de mortalité plus élevé de cinq à dix ans plus tard.

Bien que les hommes et les femmes présentent les mêmes facteurs de risque, certains de ces facteurs — comme l’hypertension et le diabète chez les femmes plus jeunes — semblent être plus dangereux pour les femmes que pour les hommes. De plus, les symptômes d’une crise cardiaque ne sont pas toujours les mêmes chez les deux sexes, une réalité que de nombreuses Canadiennes ignorent. En effet, même si la plupart des femmes qui subissent une crise cardiaque vont ressentir les douleurs à la poitrine qu’on y associe généralement, leurs symptômes sont aussi plus susceptibles de se limiter à des douleurs dans le haut du dos, les bras, le cou et la mâchoire ainsi qu’à de la fatigue, des troubles digestifs ou des nausées.

En plus de mettre ces différences en relief, l’énoncé de l’AHA attire aussi l’attention sur certains écarts connus liés à la race. Par exemple, l’incidence de crise cardiaque est plus élevée chez les Américaines de race noire que chez les Américaines de race blanche, peu importe l’âge. Les jeunes femmes de race noire sont aussi plus susceptibles de décéder à l’hôpital des suites d’une crise cardiaque.

De façon générale, les femmes ont tendance à attendre davantage que les hommes avant de consulter pour une crise cardiaque, ce qui peut faire qu’elles s’en sortent moins bien. Comparativement aux hommes, les femmes qui subissent une crise cardiaque sont moins souvent aiguillées vers le traitement approprié. Elles sont aussi moins susceptibles de suivre les thérapies médicales recommandées. Au cours des trente dernières années, moins de 20 % des femmes admissibles à un programme de réadaptation cardiaque y ont participé. Même sur recommandation d’un médecin, les femmes sont moins susceptibles que les hommes de s’inscrire à ces programmes et de les suivre jusqu’au bout.

Les auteurs de l’énoncé de l’AHA espèrent qu’une meilleure compréhension de ces différences entre les sexes aidera à améliorer la prévention et le traitement. « Les femmes ne doivent pas hésiter à poser des questions. Nous conseillons à toutes les femmes de discuter ouvertement et franchement avec leur médecin des médicaments et interventions possibles pour prévenir et traiter les crises cardiaques », a dit Laxmi Mehta, M.D., l’auteure principale de l’article, dans un communiqué connexe.

Le sexe, le genre et le risque cardiovasculaire

Bien qu’on emploie souvent les mots sexe et genre de façon interchangeable, ils ne veulent pas dire la même chose. Selon une nouvelle étude de l’Université McGill, la différence se répercute même sur le risque de souffrir d’une maladie cardiovasculaire.

Le sexe renvoie aux caractéristiques biologiques et physiologiques propres aux hommes et aux femmes. Le genre, lui, est un concept beaucoup plus souple qui tient compte des facteurs et rôles culturels ainsi que des identités qui marquent la vie en société et nos relations interpersonnelles. Les femmes, par exemple, peuvent présenter des traits qu’on associe traditionnellement au genre masculin, et vice versa.

L’étude, publiée récemment dans le Journal of the American College of Cardiology, a déterminé que le risque de récurrence de la maladie cardiovasculaire était associé à des rôles et traits de personnalité féminins, mais pas au sexe féminin lui-même.

Pendant un an, les chercheurs ont suivi plus de 900 Canadiens et Canadiennes de 18 à 55 ans ayant subi un syndrome coronarien aigu (SCA), à qui ils ont demandé de remplir un questionnaire détaillé. Les variables mesurées comprenaient le type d’emploi, le nombre d’heures de travail par semaine, le niveau de responsabilité pour ce qui est des enfants et de la discipline, le temps consacré aux travaux ménagers et le niveau de stress (au travail, à la maison et global).

Les chercheurs ont ensuite utilisé les résultats des questionnaires pour diviser les participants en trois groupes égaux : ceux qui présentaient le plus de caractéristiques traditionnellement associées aux hommes; ceux qui présentaient des caractéristiques associées à peu près également aux deux sexes; et ceux qui présentaient le plus de caractéristiques traditionnellement associées aux femmes.

Le taux de récurrence du SCA était à peu près le même chez les hommes et les femmes (3 %). Toutefois, lorsqu’on utilise le genre pour ventiler les participants, ce taux passe à 5 % chez les patients qui présentent le plus des caractéristiques traditionnellement associées aux femmes, comparativement à 2 % pour les deux autres groupes, une différence significative sur le plan statistique.

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