Depuis près de 50 ans, l’Institut de cardiologie d’Ottawa est à l’avant-garde des soins cardiaques au Canada. Mais derrière toute innovation chirurgicale, toute hospitalisation raccourcie et toute vie sauvée se cachent des personnes aussi constantes qu’un cœur qui bat : les extraordinaires infirmières en cardiologie qui accompagnent les patients aux moments les plus critiques et qui s’entraident à chaque instant.
D’une génération à l’autre, des débuts de la chirurgie à cœur ouvert aux unités de soins intensifs à la fine pointe de la technologie, quelques constantes définissent les soins infirmiers à l’Institut : un engagement profond envers les soins centrés sur le patient, une culture de mentorat et de croissance, et le sentiment que l’Institut de cardiologie est plus qu’un simple lieu de travail – c’est un deuxième chez-soi, une deuxième famille.
Le vrai visage des soins infirmiers
La première fois qu’Erika MacPhee a mis les pieds au service de chirurgie cardiaque en 1991 comme infirmière débutante, elle a eu l’impression d’avoir « gagné le gros lot ». Enfant, elle avait connu l’Institut de cardiologie en rendant visite à son grand-père, qui y était soigné. Et maintenant elle faisait partie de cette équipe de soignants.
Fraîchement sortie de l’école de sciences infirmières, elle avait peu d’expérience pratique. En entrevue, elle avait répondu « non » à presque toutes les questions cliniques. Mais un « oui » à la question sur son bilinguisme lui a ouvert la porte et a changé sa vie.
« J’étais aux anges, surexcitée, raconte-t-elle. En rentrant à la maison, j’ai tout de suite dit à mes parents que j’avais obtenu le poste. »
S’en est suivi une immersion dans un milieu effréné et exigeant, guidée par des infirmières expérimentées. « J’étais la plus jeune de l’équipe et tout le monde m’a prise sous son aile, se remémore-t-elle. J’ai appris rapidement; c’était génial. »
Ce soutien dès le départ a modulé à la fois ses compétences et sa compréhension de la profession. Au-delà des tâches et des interventions, il y avait des gens. Des patients, oui, mais aussi des collègues.
Des dizaines d’années plus tard, cette même éthique définit toujours l’esprit des soins infirmiers à l’Institut.
L’apprentissage et l’entraide au cœur de la pratique
À l’Unité de soins intensifs en chirurgie cardiaque (USICC), Carol McKissock, inf. aut., incarne cette culture depuis près de 40 ans. Après un début de carrière en orthopédie à L’Hôpital d’Ottawa, elle s’est jointe à l’équipe d’infirmières de l’USICC de l’Institut en 1988 et ne l’a jamais quittée.
« J’adore mon travail, s’exclame-t-elle. J’aime prendre soin des patients, travailler avec des collègues et accompagner les recrues dans leur apprentissage et leur progression. »
Au cours des 38 dernières années, elle a servi de mentore à un nombre incalculable d’infirmières. Elle les a guidées à leur premier tour de garde, elle les a aidées à gérer des cas difficiles et à prendre confiance en elles.
« Si une collègue a un tour de garde difficile, je m’assois avec elle et j’analyse ce qui s’est passé, explique-t-elle. Parfois, les nouvelles pensent qu’elles ont commis une erreur, alors que ce n’est pas le cas. Je les aide à y voir clair et à tirer des leçons. »
Ce soutien est indispensable à l’évolution du personnel infirmier. Les infirmières en chef donnent l’exemple en créant un milieu où les questions sont encouragées, où les erreurs deviennent des occasions d’apprendre et où le développement est continu.
« Carol, c’est une mine d’information. Je sais qu’elle est toujours là si j’ai des questions ou si j’ai besoin d’aide », soutient Cara Webster, infirmière autorisée en début de carrière qui a travaillé en étroite collaboration avec elle et qui a contacté The Beat pour raconter l’histoire de sa collègue. « C’est le genre de personne sur qui on peut toujours compter. Je l’ai toujours considérée comme une figure maternelle pour notre unité. »
Erika, qui est ensuite devenue coordonnatrice, puis formatrice, et qui est aujourd’hui vice-présidente aux opérations cliniques à l’Institut de cardiologie, a vu la boucle se boucler. « Aujourd’hui, bon nombre de nos cadres et de nos infirmières de pratique avancée sont des personnes que j’ai formées à leur embauche, indique-t-elle. C’est incroyablement gratifiant de voir des personnes que j’ai formées accéder elles-mêmes à des fonctions de direction. »
Les rapports humains dans un monde de haute technologie
En 50 ans, les soins cardiaques se sont transformés de manière spectaculaire. Les patients qui restaient autrefois des semaines à l’hôpital après une opération obtiennent maintenant leur congé après quelques jours. Des technologies comme l’ECMO (un système évolué d’assistance cardiopulmonaire) élargissent les possibilités.
Mais pour les infirmières en soins intensifs de l’Institut de cardiologie, plus de technologie ne signifie pas moins de travail. En tant que centre ECMO pour l’Est ontarien, l’Institut de cardiologie a formé son personnel infirmier des soins intensifs à l’utilisation de ces appareils, ce qui permet aux perfusionnistes hautement spécialisés de se concentrer sur les interventions plus complexes.
Pour ces infirmières, ce changement s’est traduit par une complexité, une vigilance et une responsabilité accrues.
« Il faut surveiller, réfléchir et s’adapter constamment, explique Erika. La technologie ne remplace pas le jugement clinique, elle en dépend. »
Même les petits changements ont de l’importance. Par exemple, les infirmières sont également formées pour retirer certains fils cardiaques avant d’accorder son congé à un patient, tâche qui revenait auparavant aux chirurgiens.
Aux soins intensifs, la transformation est déjà visible. Les infirmières mobilisent les patients et les extubent plus tôt, ce qui les aide à se rétablir plus rapidement. Et les résultats se sont considérablement améliorés.
Pourtant, les deux infirmières insistent sur le fait que la technologie ne remplace pas les rapports humains qui sont au cœur des soins.
« L’aspect humain est essentiel, soutient Carol. Quand j’entre dans une chambre, je me présente, j’explique ce qui se passe et je m’assure que le patient comprend. Le simple fait de lui tenir la main peut tout changer. »
Pour Erika, le passage aux dossiers électroniques en 2019 est un moment marquant de l’histoire de l’Institut, notamment en raison de ses répercussions sur le travail des infirmières et leur façon de dispenser les soins. Soudainement, il y avait des écrans au chevet des patients, et le contact visuel nécessitait un effort. L’ajustement, dit-elle, a été rapide et délibéré.
« L’importance des rapports humains a pris tout son sens, ajoute-t-elle. Les patients ont besoin de se sentir vus et entendus. C’est là que se bâtit la confiance. »
Dès qu’une infirmière entre dans une chambre, l’évaluation commence. La prise des signes vitaux n’est qu’une partie du travail; les infirmières évaluent aussi l’humeur, l’éveil et le confort. Chaque détail est une information qui peut influencer les soins, et reconnaître les changements subtils demeure une compétence intrinsèquement humaine.
Prendre soin des patients et de ses collègues
Si les soins centrés sur le patient sont au cœur des soins infirmiers à l’Institut de cardiologie, le soutien mutuel en est l’épine dorsale.
« C’est comme une deuxième famille, renchérit Carol en décrivant son équipe. Nous nous entraidons dans nos vies professionnelles et personnelles. Si un membre de l’équipe est en difficulté, les autres sont là pour l’épauler. »
Ce soutien se présente sous plusieurs formes : inviter une collègue à prendre une pause, discuter d’un cas difficile, souligner des événements marquants ou simplement prêter une oreille bienveillante.
Cet esprit de communauté a marqué la carrière d’Erika. « C’est vraiment une famille, dit-elle. Nous avons célébré de grands moments de nos vies, nous nous sommes serré les coudes dans les périodes difficiles et nous avons grandi ensemble. »
Malgré le roulement de personnel – de nouvelles infirmières apportant de nouvelles perspectives et du personnel expérimenté partant à la retraite –, les valeurs fondamentales demeurent intactes.
« Il y a maintenant un bel équilibre au sein de l’équipe, constate-t-elle. Les recrues y injectent de l’énergie et de nouvelles idées, et nous leur transmettons notre expérience. Nous apprenons les unes des autres. »
Un foyer pour votre cœur
Qu’est-ce qui retient le personnel infirmier à l’Institut de cardiologie? Les réponses se résument souvent à un sentiment.
« Je me sens comme à la maison, dit Erika. Je m’y sens bien et j’en suis fière; c’est ma deuxième famille. »
« Mon travail m’a rendue heureuse, enchaîne Carol. J’ai toujours été fière d’être infirmière. »
Carol se prépare maintenant à la retraite – elle fera son dernier tour de garde ce mois-ci –, tout en sachant qu’elle ne partira pas complètement. Elle envisage déjà de faire du bénévolat dans des maisons de retraite pour tenir compagnie à des personnes âgées. Infirmière un jour, infirmière toujours.
À l’aube du 50e anniversaire de l’Institut de cardiologie d’Ottawa, la technologie continuera d’évoluer, et le rythme des soins, de s’accélérer. Mais le cœur des soins infirmiers – centrés sur le patient, collaboratifs et profondément humains – restera le même.
Pour ceux et celles qui arpentent ses couloirs tous les jours, c’est ce qui compte vraiment.
L’Institut de cardiologie d’Ottawa célèbre 50 ans de cœur en 2026. Rendez-vous sur la page web du 50e anniversaire pour explorer cette riche histoire et découvrir des témoignages inspirants!
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