L’hypertension pulmonaire

(Aussi appelée : hypertension artérielle pulmonaire ou HTAP)

La progression de l’hypertension pulmonaire dans les artères des poumons : L’hypertension pulmonaire est classée selon le degré auquel les symptômes de la maladie affectent la capacité du patient à fonctionner normalement.  Normal : Vaisseaux sanguins normaux (Classe I de la New York Heart Association (NYHA) – Aucun symptôme en période d’activité physique normale) Légère hypertension pulmonaire : Épaisissement léger à modéré des vaisseaux sanguins (Classe II de la NYHA – Essoufflement ou fatigue en période d’activité modérée (p. ex., monter deux volées d’escalier, gravir une colline, marcher vite, jardiner)) Hypertension pulmonaire grave : Épaississement et rétrécissement importants des vaisseaux sanguins (Classes III et IV de la NYHA – Essoufflement ou fatigue en période d’activité légère (p. ex., monter une volée d’escalier, travaux d’entretien légers, se vêtir, se doucher) ou au repos). L’hypertension pulmonaire se manifeste par une tension élevée dans les artères des poumons. Les artères sont rétrécies, ce qui rend la circulation du sang plus difficile. L’hypertension pulmonaire impose une forte pression sur le côté droit du cœur et provoque des symptômes comme des battements de cœur irréguliers, un essoufflement, des étourdissements ou une insuffisance cardiaque. On soigne l’hypertension pulmonaire par des médicaments, des changements au mode de vie et, dans certains cas, une intervention chirurgicale.

Qu’est-ce que l’hypertension pulmonaire?

Le cœur est une pompe musculaire qui fait circuler le sang dans tout le corps à travers un réseau de canaux appelés « artères ». Le côté gauche du cœur reçoit le sang riche en oxygène qui provient des poumons et le propulse dans tout le corps pour alimenter les organes. Le côté droit du cœur recueille ensuite le sang et le propulse vers les poumons pour qu’il soit réoxygéné, puis le cycle recommence.

L’hypertension pulmonaire se manifeste par une tension élevée dans les vaisseaux sanguins des poumons. Quand ils deviennent plus étroits et plus rigides, la circulation du sang se fait plus difficilement.

La pression peut être élevée du côté droit – dans les vaisseaux sanguins qui transportent le sang du cœur vers les poumons pour l’oxygéner, ou du côté gauche – dans les vaisseaux sanguins qui transportent le sang riche en oxygène des poumons vers le cœur.

L’hypertension pulmonaire diminue le flux sanguin dans les poumons. Cette diminution oblige le ventricule droit du cœur à pomper plus fort pour amener plus de sang dans les poumons. Cet effort supplémentaire entraîne parfois une augmentation du volume (hypertrophie) du ventricule droit, laquelle peut causer une insuffisance cardiaque.

Causes 

De nombreuses maladies peuvent être à l’origine de l’hypertension pulmonaire, par exemple :

  • la cardiopathie congénitale
  • les maladies héréditaires
  • les maladies pulmonaires, comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou la pneumopathie interstitielle
  • l’apnée du sommeil (interruption temporaire et répétitive de la respiration durant le sommeil)
  • la valvulopathie mitrale ou d’autres maladies touchant le côté gauche du cœur
  • la présence de caillots sanguins dans les poumons
  • une infection au VIH
  • les maladies vasculaires (affections qui touchent les vaisseaux sanguins)
  • l’anémie drépanocytaire
  • la consommation de cocaïne ou d’autres drogues illicites, ou certains médicaments amaigrissants comme le fen-phen
  • l’emphysème, souvent causé par le tabagisme
  • la cardiomyopathie

Dans de rares cas, les causes de l’hypertension pulmonaire demeurent indéterminées; on parle alors d’hypertension pulmonaire idiopathique.

Symptômes 

De nombreux symptômes de l’hypertension pulmonaire peuvent être confondus avec ceux de maladies courantes comme l’asthme.

Parmi les symptômes associés à l’hypertension pulmonaire, mentionnons :

  • un essoufflement à l’effort – en montant un escalier ou durant les activités courantes
  • une fatigue intense
  • des étourdissements ou un évanouissement
  • des douleurs à la poitrine
  • une enflure au niveau des chevilles, des jambes ou de l’abdomen
  • un rythme cardiaque rapide
  • les lèvres ou la peau de teinte bleutée
Symptômes d'hypertension pulmonaire : un essoufflement à l’effort – en montant un escalier ou durant les activités courantes, une fatigue intense, des étourdissements ou un évanouissement, des douleurs à la poitrine; une enflure au niveau des chevilles, des jambes ou de l’abdomen; un rythme cardiaque rapide, les lèvres ou la peau de teinte bleutée
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Diagnostic 

Au nombre des examens les plus utilisés pour diagnostiquer l’hypertension pulmonaire figurent :

  • l’échocardiographie : pour déterminer si la pression est élevée dans les poumons
  • lélectrocardiographie : pour repérer des troubles du rythme cardiaque
  • la radiographie des poumons : pour vérifier la taille des vaisseaux sanguins dans les poumons
  • le cathétérisme cardiaque : pour voir si les pressions élevées se trouvent du côté droit ou du côté gauche du cœur
  • le test de marche de six minutes : pour voir la distance que peut parcourir un patient en six minutes et son état d’essoufflement et de fatigue à l’effort

On procède parfois à d’autres examens pour déterminer les causes sous-jacentes de l’hypertension pulmonaire. Ces examens comprennent :

  • une évaluation de la fonction pulmonaire : pour repérer d’éventuelles lésions pulmonaires liées à certaines maladies comme l’emphysème
  • une scintigraphie pulmonaire de ventilation-perfusion : pour détecter des caillots sanguins
  • une tomodensitométrie : pour voir tout changement physique dans le cœur et les poumons
  • une étude du sommeil : pour diagnostiquer une apnée du sommeil
  • des analyses de sang : pour mesurer le taux d’oxygène et détecter d’autres causes 
Traitement 

Le traitement de l’hypertension pulmonaire nécessite souvent plusieurs approches. En général, les personnes atteintes d’hypertension pulmonaire sont dirigées vers des spécialistes qui sont en mesure de faire les meilleures recommandations selon l’état du patient.

Médicaments : Les traitements les plus souvent utilisés pour traiter l’hypertension pulmonaire comprennent des médicaments qui dilatent (ouvrent) les vaisseaux sanguins afin que le cœur puisse pomper le sang plus facilement. Ce sont des médicaments qui :

  • interrompent le rétrécissement des vaisseaux sanguins (les antagonistes des récepteurs de l’endothéline et les inhibiteurs PDE5)
  • détendent les vaisseaux sanguins (les inhibiteurs calciques)
  • contribuent à prévenir la formation de caillots sanguins, comme la warfarine (un anticoagulant)
  • visent à éliminer l’excès de liquide dans l’organisme (les diurétiques)
  • augmentent la capacité de pompage du cœur (la digoxine, aussi appelée « digitaline »)

Il existe plusieurs types et classes de médicaments pour réduire les symptômes de l’hypertension pulmonaire. Ce ne sont pas tous les médicaments qui ont un effet bénéfique chez tous les patients; en fait, l’effet dépend de la cause sous-jacente. Un patient peut devoir essayer plusieurs médicaments avant de trouver le traitement qui est efficace pour lui.

Oxygénothérapie : Certains patients atteints d’hypertension pulmonaire ont besoin de respirer de l’oxygène pur administré à l’aide d’un masque ou de tubes insérés dans le nez. Respirer de l’oxygène pur peut aider à atténuer l’essoufflement et réduire la tension dans les artères pulmonaires.

Interventions chirurgicales : Certaines causes de l’hypertension pulmonaire se traitent au moyen d’une intervention chirurgicale.

Si le caillot sanguin qui est à l’origine de l’hypertension pulmonaire ne se dissout pas de lui-même, on peut l’éliminer en pratiquant une intervention chirurgicale appelée « endartériectomie pulmonaire ».

Un patient atteint d’hypertension pulmonaire grave qui n’est pas soulagé par les médicaments et qui est à court de souffle même au repos peut recevoir une transplantation pulmonaire ou une greffe cœur-poumon. Ces interventions ne sont toutefois possibles que chez les patients dont l’état de santé est suffisamment bon pour subir une intervention chirurgicale majeure.

Changements dans les habitudes de vie : Les patients atteints d’hypertension pulmonaire trouvent parfois l’activité physique difficile. Toutefois, dans certains cas, des exercices légers contribuent à atténuer les symptômes de la maladie. Les patients doivent toujours consulter leur médecin avant d’entreprendre un programme d’exercices ou de modifier leur niveau d’activité physique.

L’abandon du tabac contribue à améliorer la fonction pulmonaire générale et, plus particulièrement, à soulager les symptômes de l’hypertension pulmonaire. Il existe des traitements antitabagiques à l’intention des patients qui ont de la difficulté à cesser de fumer.

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